Petite réflexion sur notre passion.
Bonjour à tous,
Petite réflexion sur notre passion.
Nous pouvons constater avec plaisir qu’aujourd’hui, de plus en plus de personnes arrivent dans le monde merveilleux du radioamateurisme après avoir simplement passé un examen.
Et je tiens à le dire tout de suite c’est une excellente chose. Je suis heureux, sincèrement heureux, de voir que notre passion attire encore, qu’elle vit, qu’elle se renouvelle et qu’elle s’ouvre au plus grand nombre.
Nous avons su démocratiser et même populariser notre passion, dans le bon sens du terme.
Mais cette évolution amène aussi une réalité que nous ne pouvons pas ignorer.
Beaucoup de nouveaux radioamateurs arrivent avec un indicatif en poche, mais sans réelle connaissance du trafic, sans expérience des conditions réelles, et surtout sans connaître les us et coutumes de notre belle passion et cela peut empêcher de s’intégrer rapidement, de trouver sa place dans cette grande famille des radioamateurs.
Car entre la théorie et la pratique, il y a un monde !
Comment expliquer à quelqu’un comment réaliser son premier QSO hors du 40 mètres, s’il n’a jamais vraiment pratiqué ?
Comment comprendre ce qu’est un pile-up, entendre un opérateur annoncer “UP”, et savoir exactement quoi faire au bon moment ?
Comment donner un conseil sur la préparation d’un contest ou d’une expédition à des personnes totalement novices ?
Ce n’est pas une critique, c’est un constat, il y a ce que j’appelle le BA-BA, les bases essentielles, celles qui ne sont pas toujours dans les manuels mais qui font toute la différence sur l’air, par exemple, la façon de dire bonjour correctement, simplement, efficacement, éviter certains codes ou habitudes comme le “51” ou le “212” qui n’ont pas leur place, comprendre les limites de bandes pour éviter de se retrouver hors bande sans même s’en rendre compte, utiliser la bonne bande au bon moment pour réaliser un contact, découvrir la joie des VHF et UHF, souvent délaissées, et surtout ne pas prendre le 40 mètres pour une cabine téléphonique…
Tout cela ne s’invente pas, cela s’apprend, cela se transmet.
Et puis il y a les questions sur les antennes miracles, on pourrait presque les appelées les cierges HI ! On entend souvent parler de truc magique, d’antennes qui font tout, partout, tout le temps.
Mais la réalité est simple 90 % de la performance d’une station, c’est la qualité de son antenne, une bonne antenne, c’est une antenne adaptée, accordée sur la fréquence souhaitée, pensée pour son environnement.
Les antennes qui font toutes les bandes avec un minimum de place, que l’on cache au fond du jardin ou dans les combles, et qui permettent de contacter le bout du monde et de percer les pile-up…Oui, elles existent sûrement… comme le Père Noël.
Là encore, il faut expliquer, montrer, faire comprendre. Mais au-delà de la technique, il y a quelque chose d’encore plus important, nos us et coutumes.
Le respect sur l’air, la patience, l’écoute avant d’émettre, la politesse, la manière de s’insérer dans un QSO, de répondre à un appel, de laisser la place aux autres.
Tout cela fait partie intégrante du radioamateurisme et je pense sincèrement qu’il serait nécessaire d’intégrer, lors du passage de l’examen, un minimum de connaissances sur ces coutumes, sur le savoir-être en fréquence, sur la bienséance lors d’un contact radio.
Peut-être que ce message sera perçu comme celui d’un vieux réac qui pense que tout était mieux avant…Mais ce n’est pas le cas.
Je me répète je suis heureux que le radioamateurisme ne soit plus réservé à quelques personnes. Heureux que notre passion se soit ouverte, qu’elle soit aujourd’hui accessible, vivante, dynamique.
Mais cela ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quoi.
Et c’est là que notre rôle est essentiel, c’est à nous, radioamateurs, dans nos radioclubs, d’accompagner, d’expliquer, de transmettre, de former…Avant, pendant, et après le passage de l’examen.
Montrer comment réaliser un QSO, expliquer un pile-up en conditions réelles, faire découvrir les bandes, les modes, les bonnes pratiques, partager l’expérience, tout simplement.
Bien entendu, à celles et ceux qui seront réceptifs à nos conseils et à nos remarques constructives ! Car transmettre, ce n’est pas imposer. C’est donner envie.
Notre responsabilité est grande ; nous sommes les héritiers de plus de 100 ans d’histoire du radioamateurisme.
Tout ce qui a été construit, appris, expérimenté, partagé… ne doit pas se perdre.
Je souhaite que notre passion perdure à travers le temps. Que l’avenir du radioamateurisme se souvienne des us et coutumes de nos prédécesseurs et de tout ce qui a fait la renommée de notre passion et qui nous permet de continue d’exister.
Alors continuons à faire vivre nos belles traditions, à transmettre avec passion, et à accueillir avec bienveillance ceux qui découvrent notre univers.
Car le radioamateurisme n’est pas seulement une technique ou un indicatif.
C’est un esprit, une éthique, une histoire commune, un respect partagé sur l’air.
Si nous voulons que cette passion traverse encore les 100 prochaines années, alors nous avons tous un rôle à jouer, chacun à notre niveau, chacun avec ses moyens, expliquer, corriger, encourager, et surtout partager et s’il le faut cent fois sur le métier, remettre notre ouvrage
Car au fond, notre plus belle fréquence restera toujours celle de la passion et de la transmission.
Et n’oublions jamais, un indicatif ne fait pas un radioamateur… c’est ce qu’il devient sur l’air qui le construit.
Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient.
73 à tous

